NOTRE PROJET


Génération 2010 est une association loi 1901 qui suscite, soutient, organise toute manifestation à caractère culturel de nature à promouvoir le lien social entre citoyens de différentes origines, générations… Le maître mot de l’association est la mémoire, en particulier quand elle est conflictuelle. Un des grands problèmes actuels de la société française réside dans son incapacité à répondre de façon probante à la question des discriminations. Ces discriminations affectent des personnes qui ont en commun d’être issues de populations ayant subi dans le passé des violences extrêmes de la part même de la Nation dont ils sont aujourd’hui les ressortissants. Ainsi, ceux qui sont d’origine arabe, africaine ou antillaise sont souvent enclins à établir une filiation entre leurs difficultés actuelles et le sort fait à leurs aïeux. Ils le sont d’autant plus que les mémoires de ces souffrances font l’objet d’un déni ou, pis encore, d’une lecture qui les justifie a posteriori, comme le montre l’épisode de feu l’article 4 de la loi du 23 février 2005. Ils s’enferment d’autant plus dans une inexorable altérité qu’ils sont physiquement regroupés dans des quartiers populaires défavorisés qui leur apparaissent souvent comme des ghettos, et qu’ils sont sans cesse questionnés sur la réalité de leur francité. Ils se sentent donc confortés dans l’obsession d’une tragédie linéaire qui, après avoir broyé leurs aïeux, fait d’eux les acteurs de second plan d’une société qui les rejette. Si ce sentiment devait perdurer, c’est le socle même de la République qui serait en danger. Les affrontements communautaires pourraient devenir, comme aux Etats-Unis, des événements banals.  
C’est cette inquiétude qui nous a poussés à nous investir sur le terrain des mémoires blessées et donc de constituer l’association Génération 2010. Nous croyons en effet que la mise en évidence de ces mémoires, leur intégration dans l’histoire et l’imaginaire collectif, sont les gages du retour à une paix sociale pérenne : une telle paix ne peut être garantie que par une égalité qui ne serait pas seulement formelle mais qui supposerait la reconnaissance par la France des blessures, de toutes les blessures, en conformité avec sa référence au principe d’égalité. L’accès à l’égalité suppose un élan de solidarité de la part de la communauté nationale pour mettre fin aux discriminations. Un tel élan peut être suscité par un dialogue entre tous ceux que leurs origines rattachent à des épisodes tragiques du passé, dialogue qui ferait apparaître, par exemple, qu’on retrouve dans l’esclavage, les violences coloniales, la déportation ou les camps d’extermination la même déshumanisation.
La souffrance des hommes n’appartient à personne. Elle ne doit surtout pas être instrumentalisée par leurs descendants. Lutter ensemble contre le retour de ce qui a été possible hier impose de restaurer le sens de la solidarité. L’Histoire montre que le retour de ce que l’on refoule se produit de manière inévitable. Ce retour peut se faire de manière violente si on a refusé d’en voir les prémisses. Il peut se faire aussi « par le haut » par une démarche citoyenne qui prendrait la forme d’une prise en compte de tous les épisodes refoulés du passé par l’ensemble de la société dans une histoire réellement commune et conforme au principe de l’égalité de tous les citoyens.


Objectifs


  • Lutte contre les discriminations. Il s’agit d’une entreprise de salubrité publique, de nature à contribuer à empêcher la rupture identitaire.

  • Accompagner le mouvement de sortie de ces mémoires

  • Articulation des mémoires. Sortir de l’antagonisme des mémoires en pointant le ressort commun des injustices passées. Aller plus loin dans la reconnaissance des spécificités qui ne doivent pas induire de hiérarchie. La reconnaissance de mémoires spécifiques est le prélude à leur intégration dans la mémoire collective.

  • Egalité. Restaurer cette valeur dans sa pleine acception qui suppose une empathie citoyenne et une véritable solidarité en direction des concitoyens qui n’ont pas toute leur place dans la société

  • Solidarité. Faire de ce dialogue des mémoires un tremplin pour la lutte solidaire contre toutes les discriminations.

  • Restaurer la notion de justice universelle.

Stratégie


  • Choix de l’intergénérationnel, l’interdisciplinaire, l’interculturel. Il s’agit d’une vraie démarche citoyenne dans laquelle le dialogue implique tous les acteurs de la société. C’est ainsi que notre groupe de base peut être vu comme un microcosme de la société française (élus, intellectuels, militants associatifs, habitants,…).

  • Elargissement de la perspective. Partir d’un angle particulier (exemple des tirailleurs) pour aller vers des thématiques plus globales (la colonisation, par exemple). Elargissement « latéral » (de la colonisation à l’esclavage, la déportation et la shoah).

  • Elargissement du microcosme, naturel ou volontariste. (Diffusion par les acteurs-auditeurs des ateliers ; présence dans les lycées, MJC…)

  • Ateliers (lieux de parole, groupes de parole ; échanges avec des intellectuels…)

  • Choix de l’approche artistique (rap, danse, humour, théâtre, musique,…). L’art est un facilitateur : Facteur d’élargissement puissant. Permanence de l’audiovisuel (densification de la parole ; effet miroir de la projection des débats antérieurs aux différents acteurs = lecture autocritique)

  • Production d’un documentaire (professionnel) = large diffusion espérée.

Moyens


  • L’existence d’une association active et engagée sur la question du lien et ses rapports avec les mémoires.

  • L’apport des intellectuels : Gilles Manceron, historien, rédacteur en chef de "Hommes et Libertés", revue de la Ligue des Droits de l’Homme dont il est vice-président, Alice Cherki, psychiatre et psychanalyste, ancienne collaboratrice de Franz Fanon dans l’Algérie coloniale, Sidi Mohamed Barkat, philosophe, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie, chercheur associé au Laboratoire de psychologie du travail et de l'action du Conservatoire National des Arts et Métiers, Brahim Senouci, maître de conférences, militant associatif.

  • Collaboration étroite avec la société Cascade Audiovisuel (société de production audiovisuelle professionnelle et constituée de militants investis sur les questions sociales).

  • Soutien financier de la Fondation Abbé Pierre dont Génération 2010 est une « action pilote » (afficher le rapport), du Conseil Général de l’Essonne, du Conseil Général du Val de Marne, du Conseil Régional de l’Ile de France, de l’Etat (via la Préfecture de Paris dans le cadre de la politique de la Ville), l’ACSE (Agence pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des Chances) et de villes partenaire (Sainte-Geneviève-des-Bois, Athis-Mons, Corbeil via la MJC)

  • Soutien artistique du Groupe El Gaada, Diwane de Béchar. Soutien du CAP (Centre d’Action et de Prévention) à Sainte-Geneviève-des-Bois par la mise à disposition d’un studio d’enregistrement, de l’Association Culture Créative par le montage de spectacles de danse sur nos thématiques.

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